le blog aux 1000 plumes.

le blog aux 1000 plumes.

JE T'AURAI

                                                                     

artfichier_810324_5256280_201511030119299.gif

                                       

Il est la , assis dans sa vieille voiture qui sent  le café froid ,et le tabac , fixant la propriété en face de lui.

Il tapote ses poches a la recherche de son paquet de Marlboro , en cale une au bord de sa lèvre , avec ce geste désabusé qui trahit de nombreuses années de pratique et l'allume , faisant rougir le bout dans la nuit.

"foutue cigarette " se dit-il en tirant dessus , trop fort sans doute , il tousse se racle la gorge , en se promettant , sans conviction   qu'un jour il s'arrêtera.

Poursuivant sa planque , toujours a l'affut d'un mouvement , il ouvre la vitre , et d'un geste vif  jète son mégot encore fumant sur le trottoir en face.

Ne tardant pas a se gorger d'eau , le bout rouge perds peu a peu de sa lueur et fini par s'éteindre entièrement sous la pluie fine de ce mois de mai.

Il repense a cette femme a cette histoire , leur histoire .

Oh bien sur ça n'a pas duré songe t-il non sans une pointe d'amertume, comment aurait-il pu en être autrement, ils ne vivaient pas dans le même univers .

Elle avait le monde a ses pieds , elle était riche , démesurément riche et si élégante.

De ces beautés raffinées sur lesquelles on se retourne presque de manière instinctive , celles qui vous coupent le souffle et vous marque l'esprit a jamais.

Elle avait marqué le sien .

Et puis il était si jeune , si inexpérimenté  " ouais,elle était belle ... "  fit-il dans un soupir qui en disait long.

Il était au début de sa carrière de flic quand le bureau lui confiât cette enquête .

La propriété était somptueuse , des plafonds immenses , de grands lustres de cristal , des tableaux de maitres  et des miroirs dorés a l'or fin , décorant les pans de murs d'un couloir interminable  au blanc immaculé .

 Il se revoit , carnet a la main ,notant le plus consciencieusement possible les réponses qu'elle lui fournissait ,ne parvenant pas réellement a détacher son regard d'elle , fasciné par son image , il la fixait de manière presque obsessionnelle .. il était troublé....

En fait, c'est par un coup de chance ( ou de malchance ? Je ne saurais trancher) que l'affaire m'a été attribuée par le bureau. Le lieutenant Blidant, le boss du bureau s'était trouvé en formation aux nouvelles techniques d'enquête et son adjoint et remplaçant Palère déjà suffisamment accaparé par une sombre affaire de trafic d'êtres humains mettant en cause des diplomates d'une monarchie pétrolière.

J'étais sur les lieux du délit, une grande résidence de milliardaire, que l'on dirait clôturée et surveillée comme une prison, peu après l'aube et moins d'une heure après l'appel d'Oriane Varnay, la maîtresse de maison.

Un grand gaillard aussi gros et fort qu'un champion de sumo m'ouvrit le portail et m'accompagna sans dire un mot vers la maison ou plutôt le château.Il m'y fit entrer et m'abandonna dans un grand salon ou je m'y sentais aussi perdu que dans le désert du Kalahari.

J'attendis un bon quart d'heure que je consacrai à regarder la demi douzaine de tableaux qui remplissaient les murs du salon. Je me dis que c'était bien ma première visite, quoique non désirée, à un musée. La maîtresse des lieux entra dans mon champ visuel sans avoir été auparavant averti par le bruit de ses pas. Elle me fit l'effet d'une apparition surnaturelle, une vraie déesse grecque, tellement elle était belle dans sa longue robe couleur chair échancrée, en tissu fin et passablement transparent, ample au buste et moulante aux fesses et aux jambes. 

Je me mis debout dans un mouvement réflexe mais, pris au dépourvu et intimidé vu mon jeune âge et mon inexpérience, n'arrivai pas à émettre un son.

- Bienvenu, monsieur l'officier. Mettez-vous à l'aise, je vous en pris, me dit-elle d'une voix rassurante.

Sa voix cristalline me rassura bien plus que ses mots.

Certes, il eut sans doute vécu l'invitation tout autrement s'ils s'étaient trouvés non pas dans un palace mais dans l'une de ces minables chambres d'hôtel qu'exigeaient les limites draconiennes de ses notes de frais! Alors il avait resserré son noeud de cravate et décliné le 32 ans d'âge qu'elle se préparait à lui verser dans un verre en cristal de bohème, et puis demandé à être introduit auprès de l'opérateur assurant la sécurité passive du domaine. Ceci afin de visionner les enregistrements numériques des trente derniers jours.

Trentes jours demandant une attention particulière, en bon professionnel il jugea plus opportun de reporter la tâche de quelques heures afin d'effectuer l'ingrat visionnage au bureau de Police.

Pointilleux de tirer partie de chaque seconde de la video surveillance ,un détail anodin pourrait, se dit-il ,se révéler capital, en ces premieres heures d'enquête.

De toute façon il n'en était pas capable,la seule image défilant sans arrêt dans sa tête c'est elle.... Ses cheveux, ses gestes délicats ,sa plastique parfaite quasi surréaliste ..

Il se trouve si con de réagir comme ça , la volonté de dominer ses émotions naissantes semblant lui échapper tout autant que sa raison de flic...son corps tout entier chamboulé  parait  ui hurler a quel point il la veut!....

                                                                                              ........................

JE T'AURAI: ARTICLE 1 " INTERROGATOIRE "

 

Ce matin , je me rendais ,comme tous les matins , au commissariat , et comme tous les matins je m'arrêtais prendre un café a emporter ,au coin d'Exeter street et d'aldrich, , que je coinçais dans la portière, le temps d'effectuer le trajet et comme tous les matins , je buvais mon café froid en arrivant sur mon lieu de travail...

"Je déteste le café froid "

Mais ce matin j'étais nerveux.

Etait-ce  a cause de mon orgueil malmené la veille par Oriane Varnay? ou bien parce que j'avais cédé aux avances de ma voisine?....je ne savais pas , mais un pressentiment me faisait craindre que cette matinée n'allait pas se passer aussi facilement que j'aimerai l'espérer ...

En ce jour d’entretien avec Oriane dans les locaux du commissariat, je pris la précaution d’arriver suffisamment tôt.

En effet, en plus de la réunion quotidienne sur les activités courantes, j’aurai à informer sur les derniers développements de l’affaire Varnay. 

Ce que je fis, en présence du lieutenant Blidant et de son adjoint l’inspecteur principal Palère.

Vers huit heures, je vis de la fenêtre du bureau du lieutenant Blidant, où je me trouvais, une grosse cylindrée vert olive se garer face au commissariat.

Il en sortit une grande et belle femme habillée d’un tailleur gris et blanc. Je reconnus instantanément Oriane toujours aussi belle et (involontairement ?) provocante. Après la descente d’oriane, très remarquée par les passants, la voiture s’éloigna pour se garer quelques dizaines de mètres plus loin.

Son entrée dans le commissariat provoqua un embouteillage momentané ; tous mes collègues, hommes et femmes, curieux de nature, vinrent jeter un coup d’œil dans sa direction durant sa présence dans la salle d’attente quelques courtes minutes.

A son entrée dans le bureau du lieutenant Blidant, Oriane impressionna ce dernier ainsi que l’inspecteur Palère autant que s’ils s’étaient trouvés face au chef de la police. 

Il faut dire que son tailleur gris-blanc la serrait outrageusement de près, le moindre détail de ses formes sculpturales était mis en valeur. 

Après les présentations d’usage,  puis la présentation des événements survenus à la résidence Varnay, L'inspecteur principal Palère posa à Oriane les questions que j’avais suggérées avant son entrée :

- Avez-vous une idée quelconque de l’identité de la personne ou des personnes qui sont entrées par effraction dans votre domicile ?

- Des choses (argent, bijoux, lingots, documents, etc.) ont-elles disparues depuis la survenance de cet événement ?

Oriane répondit sans hésiter, non.

L’inspecteur principal passa à un détail intrigant relevé dans les dernières cassettes enregistrées par les douze caméras de surveillance : l’ensemble des caméras s’étaient arrêtées de filmer durant un quart d’heure, soit de deux à deux heures quinze du matin.

- Qui peut avoir éteint les caméras de surveillance, madame Varnay ?

- Askar Bander, mon employé chargé de la sécurité. 

- Celui qui a un physique de lutteur japonais, ajouta Oriane en se tournant vers moi.

Puis, elle s’immobilisa net, comme pétrifiée, mais de surprise.

- Askar bander a disparu sans laissé d’adresse depuis hier après-midi. Croyez-vous que c’est lui le coupable, commissaire ?

- Nous verrons cela, madame Varnay, nous verrons…

Le lieutenant Blidant mit fin à l’entretien et remercia Oriane de sa coopération.

Oriane se leva et quitta le bureau. Nous ne pûmes nous retenir d’admirer les mouvements synchronisés de ses formes généreuses pendant qu’elle marchait à grand pas. Nous entendîmes des cris, des sifflets et d’autres bruits non identifiés en provenance des locaux du commissariat. Le passage d’Oriane allait-il virer à l’émeute ?

L'inspecteur principal Palère se posta devant moi, et avec son air le plus supérieur, me mit une tape sur l'épaule et  dit suffisamment fort pour attirer l'attention d'Oriane Varnay , 

"Tu vois Gibson c'est comme ça qu'on gère un interrogatoire ,ouais"se congratula-t-il en se touchant la poitrine a la manière de nos ancêtres grands primates..

.Je n'eu pas le temps de lui répondre , car interpellée par cet abus manifeste de testostérone ,Oriane Varnay se retourna , et avec elle un souffle glacial balaya le couloir devenu silencieux comme suspendu l'intervalle d'un instant ,une éternité m'a -t-il semblé...

Telle une louve dans le regard, elle se retourna d'un geste vif , faisant voler sa somptueuse chevelure sur ses épaules, elle s'avança en direction de l'inconvenant   , toujours avec la classe caractéristique qu'exigeait son rang , et s'approcha de L'inspecteur ...

Ce dernier , extrêmement impressionné ,perdit  de  son arrogance, son visage couvert de sueur trahissant son émoi. ,a mesure que la belle féline s'approchait de lui,

Ce qui me fit naitre un large sourire vengeur sur le coin de la lèvre, cette même lèvre qu'Oriane Varnay avait embrassé la veille.

Et dans un sursaut de fierté ,je  gonflais la poitrine ,ce qui ne passa pas inaperçu aux yeux du Lieutenant Blidant resté en retrait pendant tout cet épisode incongru, et qui me dévisagea d'un air incrédule.

" Inspecteur Palère c'est bien ça?" 

"euh...oui c'est ...c'est...exact Madame Oriane...Pardonnez moi Madame Varnay bredouilla-t-il" totalement décontenancé ..

"Bien" répondit la belle le regard plus bleu et plus profond que jamais.

Elle s'approcha de lui et probablement pour le préserver dans ses fonctions , d'une éventuelle raillerie de la part de la brigade, lui parla un très long moment...dans une confidentialité absolue bien a l'écart de toute intrusion .

Et sans que personne n'eu jamais su de quelle nature fut le sujet de leur entretien , elle  pivota sur elle même, puis quitta le couloir .

Seul son parfum flottait encore dans l'air quand on entendit le puissant moteur l'emporter loin de cette ambiance pesante .

On apprendra quelques jours plus tard le suicide de l'inspecteur Palère .

L’intervention aussi inattendue qu’inexplicable d’Oriane rendit pour le restant de la journée Palère aussi pâle qu’un mort et muet comme une tombe. Dès ma sortie du bureau Blidant fit passer à Palère un mauvais quart d’heure. On entendait sa voix résonner dans tout le commissariat ; mais elle restait sans écho de la part de Palère.

En réfléchissant à cette situation difficile, j’arrivais à la conclusion que le comportement déplacé de Palère à mon encontre avait permis à Oriane de lui barrer le chemin dans sa tentative de m’évincer de la conduite de l’enquête sur l’affaire Varnay. Cependant, le pourquoi de ce comportement restait à clarifier : Palère était-il un flic ripoux sur qui Oriane détenait des preuves irréfutables ? A contrario, en faisant en sorte de me maintenir à la tête de l’enquête, voulait-elle que la vérité, toute la vérité fût découverte ?

Ce dont j’avais la certitude, c’est qu’Oriane, loin de me défendre en raison d’un penchant quelconque pour moi, l’avait fait dans son propre intérêt. Intérêt dont j’ignorais la nature à ce moment là. Oriane, qui était pour moi l’une des incarnations les plus parfaites de l’idéal féminin, s’avérait avoir des capacités dont je ne soupçonnais même pas l’existence.

 

En pause près de la machine a boissons , je m'apprêtais ,pour une fois a boire un bon café bien chaud ,quand j'entendis deux officiers  colporter des rumeurs au sujet de ma belle Oriane. Des bruits de couloir ,comme l'origine de tous ragots  semblaient sortir de nulle-part ,  laissait sous entendre que Mme Varnay était une personne très influente dans la milieu politique malgré son jeune âge , une histoire de veuvage précoce ,suite a l'assasinat de son député de mari ,ou quelque chose de ce genre m'intriguait encore plus sur  elle...

"tu sais la femme qui est venu tout a l'heure?"

"ouais"

Parait que c'était la femme du député Bauman?

"Ah ouais, comment tu sais ça?"

"oh c'est la femme de mon cousin qui l'a dit a mon voisin....et qui me l'a dit"

"AH Ouais ....d'accord ... remarque ça m'étonne pas tu vois "dit il en agitant nerveusement sa touillette dans sa tasse en plastique .

"Elle a du l'épouser pour son pognon, vu comme il était moche "

"Encore  une qui pense qu'au fric..."

"Tu dis ça parce que t'es en colère!" Dit-il pour taquiner son ami.

" tu vois mmmmm si j'avais l'argent elle serai folle de mes gros biceps "

L'autre de lui répondre  .

"mais c'est sur t'es beau comme un astre, mon poulet""

Sans faire attention a moi une seule seconde , il se mit a se dandiner en se touchant les muscles pectoraux , en disant a  son collègue .

"Elle sait pas ce qu'elle rate "

" C'est clair, un beau mâle comme toi"

L'autre se mit a danser devant lui tel un paon pendant sa parade nuptiale , je failli avaler mon café de travers .

Ils s'en allèrent tous les deux en riant , jetant au passage leur gobelet dans la poubelle  prévue a cet effet.

L'un d'eux s'écria d'un ton victorieux "Et panier!!!!.........je suis le plus fort!!!!! 

J'avais envie de sortir de mes gons , tellement j'étais énervé de les entendre parler ainsi de ma belle insoumise , et pourtant voir le ridicule spectacle de leur pseudo parade amoureuse ,qui avait tout pour faire douter de leur orientation sexuelle , m'as je dois  l'avouer ,  fais beaucoup rire intérieurement! 

L’inspecteur principal Palère fut consigné toute la journée dans son bureau à la suite de sa violente dispute avec le lieutenant Blidant. Celui-ci ne lui pardonnait pas son refus de répondre à ses questions ,  au sujet des motifs de l’agressivité inexplicable d’Oriane à son égard ,et de sa réaction veule, indigne d’un représentant de l’ordre.

Il le suspendit sitôt dit de ses fonctions et demanda une enquête de l’inspection des services à son sujet.

Malgré l’atmosphère lourde qui régnait au commissariat, je ne pouvais me permettre, en tant qu’enquêteur , dans l’affaire de la résidence Varnay, d’engager en priorité, avant qu’il n’eût le temps de quitter la juridiction de notre Etat, un avis de recherche contre Askar Bander, le lutteur de sumo, dont la disparition soudaine et inexplicable donnait à penser qu’ il était mêlé, d’une manière ou d’une autre, à l’entrée par effraction survenue dans la résidence Varnay.

D’autres actions s’imposaient mais n’avaient pas le caractère d’urgence de l’avis de recherche contre Askar Bander.

Il fallait absolument le retrouver , mais autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Je passais en revue les éléments du dossier que Palère avait déjà réuni avant son suicide sur l'affaire Varnay ,  les échanges entre Askar Bander et Oriane.

Des jours et de jours d'écoute ,a trier des photos prises sur le lieu de délit , ,dans le huis-clos de  mon  bureau étroit au fond du couloir du commissariat au mur jaunit ..

Et rien que de banals relations   professionnels entre eux , ce qui me laissa encore plus perplexe par rapport a mon expérience  vécue dans le bureau d'Oriane Varnay .

Je continuai a chercher dans les rapports de police  , quand un détail  attira soudain mon attention , je l'avais lu maintes et maintes fois et pourtant , pas a un seul moment je n'avais fait le rapprochement Palère...Varnay....Varnay...Palère "nom de dieu !!! Bordel !!!!Palère mais qu'est ce que tu as foutu !!!" il fallait que je me rende a toute vitesse chez Oriane Varnay quand je m'aperçu  que j'avais dépassé  de deux heures la fin de mon service....tant pis ...je laissais une note griffonnée a l'intention de mon chef qui la lirait probablement lundi matin. 

Affaire V. , Palère.....mort suspecte...besoin de me rendre en urgence chez Mme Varnay ... Bander  très  dangereux !!!!

je laissais mes documents sur le bureau ,un tour de clef rapide dans la serrure .

Puis pris en courant l'étroit couloir, passant devant la machine a café , je descendit quatre a quatre les escaliers de service ,puis nerveusement j'appuya sur le bouton pour ouvrir l'épaisse grille , unique rempart protégeant le commissariat  de l'extérieur .

" allez" dis je excédé par sa lenteur ,

"allez viite ,mais ouvres toi bon sang!!!!

Une fois  que le groom de la porte eu atteint son dernier cran , je fus enfin libéré de cette brève claustration ,  je  me précipitais donc, tambour battant vers mon véhicule personnel .

Et tout en enclenchant une marche arrière nerveuse  ,  digne d'un film d'hollywood je me répétais sans cesse  entre certitudes et doutes...

                                        " Cette fois Oriane je t'aurai!!!!"

La convocation d’Oriane au commissariat avait l’effet d’un coup de pied dans une fourmilière non identifiée mais dont nous avions mis à jour des éléments d’information troublants signifiant que l’affaire Varnay ne pouvait manifestement pas être réduite à une banale histoire d’effraction. L’implication de l’inspecteur principal Palère faisait partie de ces éléments ; de même que la disparition, qui s’apparentait à une fuite, d’Askar Bander.

Suite à l’avis de recherche, la traque d’Askar Bander par des milliers de policiers qui avaient reçus son signalement fut intensive et dura 24 heures dans tous les aéroports, gares et grandes voies de communication de l’Etat. Elle ne donna aucun résultat. Par la suite, la recherche se poursuivit une semaine durant avec un dispositif très allégé.

Pour sortir l’enquête de l’ornière, j’eus l’idée, qui pourrait s’avérer lumineuse, d’examiner l’enregistrement de la caméra de surveillance de la riche propriété située juste en face de la résidence Varnay. En effet, son champ incluait une partie de l’entrée de cette dernière. Le surlendemain de la convocation d’Oriane au commissariat, je me présentai à cette propriété appelée « Alama » qui appartenait à un émir d’un pays d’Arabie. Je fus reçu à l’entrée par un domestique, apparemment d’origine indienne, et conduit auprès de la maîtresse des lieux, madame Richa, une femme mûre, brune et ronde avec un regard loin d’être sensuel à cet instant là. Je la trouvais attablée près d’une piscine en forme de cœur et prenant son déjeuner. Elle était voilée de la tête aux pieds d’un tissu de soie naturelle. A ma brève et grande surprise, presque toute sa nudité transparaissait sauf les parties couvertes par les kilos de bijoux qu’elle portait. Après les salutations d’usage, je lui répétai la raison de ma visite. Elle me dit :

- Et si je refuse votre demande, inspecteur ?

- Je demanderai un mandat au juge et dans ce cas je pourrai visionner tous les enregistrements des caméras de surveillance.

Son silence me fit comprendre que cette dernière éventualité était loin de lui plaire. Elle se leva et pris son téléphone abandonné au sol à quelques mètres. Durant son bref déplacement, elle me donna le spectacle de ses fesses monumentales mise en valeur par ses mouvements lents et cadencés et me permis même de voir une partie de sa chatte habillée de poils noirs en se penchant pour ramasser le téléphone. Je lui dis :

- Je regrette sincèrement madame Richa, j’aurais bien aimé vous donner entière satisfaction mais je suis en service. 

- Alors, une prochaine fois peut-être ? Me répondit-elle, un sourire égrillard au visage.

- Vous connaître en profondeur sera un grand plaisir pour moi, madame Richa, lui répondis-je.

A la salle de contrôle des caméras de surveillance, je visionnai l’enregistrement correspondant à la date et l’heure de l’effraction survenue à la résidence Varnay. Ce que je vis me pétrifia d’étonnement : Un véhicule 4X4 en stationnement devant la résidence Varnay, trois hommes y entrant puis sortant dans un intervalle de dix minutes avec quatre valises pleines d’on-ne sait-quoi et repartant dans le même véhicule. J’avais pu identifier deux des trois hommes, Askar Bander et Ralph Bauman, le député et mari d’Organe, considéré pourtant par tous comme mort et enterré !.

Comment est-ce possible ? 

Comment un homme parfaitement mort peut-il se retrouver dans un 4X4 devant son domicile ?

A moins que ..

 

ARTICLES 2:SUSPECTS

 

Ce que je vis dans l’enregistrement de la caméra de la porte d’entrée de la résidence « Alama » finit de me faire comprendre que l’affaire de la résidence Varnay était loin d’être ordinaire avec pour auteurs des voyous de petite envergure. Au contraire, sa dimension probable (à moins que mon imagination me jouât un tour) était telle qu’elle risquait d’échapper à la police de l’Etat pour atterrir chez la police fédérale. Cela serait pour moi une occasion perdue de prouver ce dont j‘étais capable et faire une grande carrière dans la police. Alors autant battre le fer tant qu’il est chaud en faisant un rapport au lieutenant Blidant sur les derniers événements de l’affaire de la résidence Varnay et lui proposant des actions prioritaires : enquêtes approfondies sur les personnes, y compris feu le lieutenant principal Palère soupçonnées d’être impliquées d’une façon ou d’une autre dans l’affaire, analyse ADN de toutes les empreintes, recherche de la nature des objets subtilisés. En conclusion de mon rapport, je demande ma promotion à la tête du service et son renforcement par l’affectation de deux sous-officiers. 

J’allais remettre en main propre mon rapport au lieutenant Blidant lorsque je reçus un appel d’Oriane Varnay.

- Allô ! Inspecteur Ted Gibson ?

- Oui, c’est moi-même. 

- Pourrais-je vous voir ce soir 21 heures à la Salle Carnedale située devant la Bourse ? C’est pour vous entretenir d’un sujet important. 

Un temps de surprise et d’hésitation passé, je réponds :

- Oui. Ok pour ce soir 21 heures.

- A propos, ne dites rien à votre chef sur ce vous venez d’apprendre au sujet de notre affaire. Attendez la fin de notre entretien de ce soir. Je vous en prie ! Des vies sont en jeu !

Oriane raccrocha sans me donner le temps de répondre

J’arrivai à 20 heures cinquante minutes au Carnedale. Au dessus de l’entrée principale, une grande enseigne lumineuse annonçait la manifestation culturelle en cours. Il s’agissait d’une exposition de photographies sur les vagues d’immigrants venus au pays depuis la fin du 19ème siècle jusqu’à la première décennie du 21ème. Je regardais de loin avec détachement quelques photos grand format car je ne voulais pas m’éloigner de l’entrée et rater le rendez-vous avec Oriane. 

Un homme, ou peut-être une femme, portant lunettes vêtu(e), d’un large costume trois pièces sombre et d’une chemise blanche à petits carreaux verts, s’approcha de moi à pas lents et me dit après s’être arrêté(e):

- Coucou ! C’est moi !

Elle avait trompé ma vigilance avec son accoutrement mais la joie de la revoir me fit oublier mon amour-propre. Nous entamâmes notre visite factice en faisant semblant de regarder avec intérêt les photos exposées.

- Ecoutez bien inspecteur, je ne vais pas aller par quatre chemins: les faits dont tu as connaissance ne doivent pas être révélés même à votre hiérarchie, sinon beaucoup de personnes seront en danger de mort, à commencer par vous et moi.

- Qui êtes- vous, lui lançai-je sèchement.

- Je suis tout ce que tu sais déjà : une femme belle, intelligente, mystérieuse, mariée à un riche homme politique beaucoup plus âgée qu’elle, un peu exhibitionniste et aussi nymphomane. Je suis autre chose que je vous dirai plus tard, dans quelques jours ou une semaine… Pour l’instant suivez mes conseils : maintenez l’enquête sur ma plainte en l’état ; ne parlez à personne de la réapparition de mon mari, Ralph Bauman, du troisième homme, du véhicule 4X4, des quatre valises. Autrement, la première conséquence sera la disparition définitive de mon mari qui n’a jamais agit de son plein gré puis une série noire d’autres événements dramatiques .

- J’aurai quoi en échange de mon silence ?

- Vous aurez une perspective de carrière intéressante en participant aux premières loges à une enquête dont l’impact national et international sera considérable. Je vous propose d’entrer dans l’Histoire avec un grand « H ».

Voilà à présent vingt jours que l’affaire de la résidence Varnay connut un rebondissement, avec la disparition d’Askar Bander , et douze jours que l’inspecteur principal Palère, suspendu de ses fonctions, se donna la mort dans son domicile. Les services de la police d’Etat continuaient à suivre les deux affaires. Pour le premier, en maintenant actif l’avis de recherche d’Askar Bander ; pour le second, en déclenchant une enquête criminelle destinée établir la vérité sur la cause de la mort de l’inspecteur Palère. 

Concernant le premier nommé, le hasard donna un sérieux coup de pouce à l’enquête, hier, tard dans la nuit, dans la boîte appelée « Eden » située dans le vieux quartier délabré d’East moutain. C’était vers minuit et quart, qu’Askar Bander, agressa dans les toilettes une entraîneuse alors que celle-ci s’arrangeait les cheveux face à un miroir. Askar Bander l’attaqua par derrière, lui mit un objet tranchant à la gorge et l’obligea à rester avec lui dans le but évident de la violer. Elle envoya un bip d’alerte à ses collègues. Quatre de celles-ci, armées de gourdins, vinrent à la rescousse, rouèrent de coups le criminel puis, une fois tombé par terre, le ligotèrent solidement avec les bas et les strings qu’elles portaient. Les strip-teases involontaires auxquels donna lieu l’enlèvement de leurs dessous provoquèrent parmi elles de telles crises de fou rire que des clients accourus en entendant leur tintamarre crurent un moment à une blague. 

Le lendemain, c’est-à-dire aujourd’hui même, les recherches effectuées au niveau du commissariat d’East moutain permirent d’établir, d’une part, la relation avec l’affaire de la résidence Varnay, et d’autre part, la véritable identité d’Askar Bander, de son vrai nom Peter Falconi, descendant d’italiens de Sicile, par le père, et d’amérindiens Séminoles, par la mère. Il s’enrôla très jeune dans l’armée et réussit à rejoindre le corps d’élite des forces spéciales au sein desquelles il se distingua par des actes de bravoure dans les combats mais de barbarie aussi sur des civiles afghans et irakiens. Il fut radié des effectifs de l’armée et, depuis, semblait être un exécuteur des basses œuvres de diverses organisation transnationales du crime organisé. Mais la police n’avait jamais réussi à réunir des preuves formelles sur ses activités.

Sans tarder, j’allai au commissariat d’East moutain pour poser quelques questions à Peter Falconi. Il avait perdu de sa superbe avec les profondes griffures qui lui enlaidissaient le visage. En me voyant, il fit semblant de ne pas me reconnaître et refusa obstinément par des mouvements de tête de répondre à mes questions :

- Qu’est ce qui a été dérobé à la résidence Varnay ?

- Où se trouvent les choses qui ont été volées ?

- Qui sont tes complices ?

- Pourquoi tu n’as pas quitté le territoire de l’Etat ?

- Pourquoi tu as agressé la femme du cabaret ? Est-ce pour échapper à une condamnation à mort par tes « amis » ?

Respectant les consignes de discrétion d’Oriane, je m’abstins de le questionner au sujet de Ralph Bauman, du troisième homme, des quatre valises et de la mort suspecte de l’inspecteur principal Palère.

Si avec ça mon supérieur n 'est pas content , tant pis ! 

Ce n 'est quand même pas moi qui fait revenir les morts d 'outre tombe ! 

Il faudrait qu'on m 'explique ...

Après avoir fait mon rapport au lieutenat Blidant en l’expurgeant des informations explosives que m’avait signalées Oriane au Carnedale, je reçus au bout de trois jours la décision de me confier les fonctions exercées précédemment par le défunt inspecteur principal Palère ainsi que la promotion au grade d’inspecteur principal. Sur ma demande, j’obtins un premier renfort en la personne du sergent Laura Burns, une jeune afro-caucasienne, athlétique et ambitieuse, recrutée depuis 18 mois, bien notée et récemment confirmée au sein de la police. Grâce à Laura Burns nous obtînmes rapidement des informations confidentielles, c’est-à-dire qui ne figurent pas dans les fiches signalétiques diffusées à l’interne par la police, d'Oriane Varnay, Ralph Bauman, Peter Falconi et Andy Palère. Pour Oriane Varnay, c'était des pratiques exhibitionnistes et libertines; pour Ralph Bauman, la recherche obsessionnelle de rapports sexuels avec les femmes où qu’il se trouvât ; Pour Peter Falconi, des pratiques barbares pouvant aller jusqu’à donner la mort de sang-froid à des personnes sans défense ; pour Andy Palère, un goût immodéré du luxe et de l’argent facile. 

Au bout d’un temps de réflexion, j’arrivais à la conclusion que ces informations, malgré leur caractère général pour l'instant, pouvaient ouvrir de nouvelles pistes à l’enquête. Le sort qui m’avait été préparé pour mon retour à la maison ce jour là, confirma mon hypothèse de travail ainsi que les appréhensions d’Oriane sur le grand danger qui nous menaçait…

A mon arrivée chez moi, je trouvai à l’entrée de l’immeuble, adossée à la rampe d’escaliers, Mara Delgado, ma voisine de palier qui semblait attendre quelqu’un. En me voyant, elle vint vers moi et dit à voix basse afin que personne ne l’entendît :

- Deux hommes en combinaisons orange, avec une grosse caisse à outils, ont visité ta maison vers quatorze heures. Je les ai vus par l’œil-de-bœuf.

- Tu as vu à quoi ils ressemblaient ?

- Impossible : ils portaient des cagoules avec des lunettes noires !

- Ils sont restés combien de temps ?

- Quelques minutes à peine !

En arrivant à l’étage, je m’approchai prudemment de la porte d’entrée et ne vis aucune trace d’effraction. Mais une odeur inhabituelle s’infiltrait des interstices. C’était du gaz. Je m’éloignai de la porte et me rapprochait de celle de l’appartement de Mara en disant à moi-même :

- Oriane a raison ! Nous heurtons de gros intérêts et courons un grand danger !

J’appelai le commissariat pour leur demander d’envoyer une équipe de déminage. Les deux individus en combinaisons semblait être des professionnels et pourrait vouloir utiliser la fuite de gaz comme un leurre destiné à cacher le vrai danger. Une bombe, par exemple. 

Je pris Mara dans mes bras et lui fit un long baiser sur la bouche :

- Tu es mon ange gardien, Mara. Je te dois beaucoup.

Mara, toute contente, me fit entrer en attendant les collègues démineurs. Je laissai la porte entrouverte afin de remarquer leur arrivée.

Le petit appartement de Mara était semblable au mien mais en plus propre et plus coquet. Accrochées aux murs, une multitude de photos de famille et d’amis de différents formats ainsi que des images saintes. Je pouvais reconnaître à travers certaines des photos que Mara est originaire de Porto Rico.

L’intervention de l’équipe de déminage prit plus de temps que prévu. Pour contourner le danger que la porte d’entrée fût piégée, les démineurs préférèrent y entrer de l’extérieur, par la fenêtre qui donnait sur la rue. Une fois à l’intérieur, ils ne trouvèrent, heureusement, aucun explosif ou autre engin de mort. L’officier de police qui accompagnait les démineurs décida de mettre les scellés à mon appartement afin de chercher plus tard des traces éventuels qu’auraient laissées les « visiteurs ».

Je me retrouvai ainsi momentanément sans toit. Mara me proposa immédiatement son hospitalité Je dormis dans son lit sur son insistance; comme elle n’avait qu’un lit pour une personne, nous le partageâmes serrés l’un contre l’autre. Ce qui faisait que, immanquablement et à quatre reprises au cours de la nuit, je rendis hommage de bon cœur l’attachement qu’elle venait de me manifester en me sauvant la vie.

Au matin levant ,je ne pu m'empêcher de regarder Mara dormir, elle avait un visage d'enfant pendant son sommeil ,elle n'était pas belle et pourtant, je commençais a voir en elle ,une tout autre personne que celle que j'avais envisagé jusqu'a maintenant.

Je déposais un baiser sur son front ce qui ne manqua pas de la sortir momentanément de ses rêveries.

Elle ouvrit ses yeux ensommeillés,et marmonna "Cheri ça va ?"

"Chuuuutt rendors toi tout va bien,je reviens tout de suite " je déposais un baiser sur chacun de ses yeux, mis mes vêtements,un coup d'oeil dans le miroir afin de m'assurer que tout était en ordre,,et sorti de son appartement sans faire de bruit.

Je me dirigeais le coeur léger, vers une boulangerie de quartier ,ma providentielle compagne avait un petit faible pour les viennoiseries a la Française.

Pour une fois dans ma vie , je me sentais insouciant ,l'effet Mara sans doute. J'étais heureux comme un adolescent ...quel sentiment intense de vie m'animait ce matin s'en était grisant .J'avais envie de lui faire plaisir, et la première  fois depuis des mois,je parvenais a oublier le boulot et même Oriane...

Je ne retournai plus jamais dans mon appartement sauf, quelques jours plus tard, pour prendre mes affaires. Je conseillai aussi à Mara Delgado de quitter momentanément le sien, le risque de voir revenir les deux hommes en combinaison orange ou leurs acolytes étant trop grand ; ce qu’elle fit dès le lendemain en partant habiter chez sa mère. Quant à moi, un collègue écossais comme moi, Richard Mac Corbeen, m’hébergea dans son duplex de banlieue où il vivait en célibataire pas endurci car il avait encore des rêves de mariage. 

Laura Burns, ma collaboratrice, me briefa en fin de journée à propos des hommes en combinaison. Le résultat était décevant : aucune trace de leur passage ne fut trouvée dans mon appartement. A l’extérieur, seule la caméra de surveillance de la bijouterie « Athéna » enregistra deux hommes sans combinaison orange mais portant une boite à outils semblables à celle décrite par Mara Delgado. Malheureusement, les deux hommes portaient aussi des masques de clowns rigolards qui rendaient impossible toute identification.

Il y eut cependant une bonne nouvelle. Il s’agit des premiers résultats de l’analyse des traces d’ADN prélevées à la résidence Varnay. Plusieurs de ces traces n’avaient pas encore abouti à l’identification de leurs propriétaires mais trois d’entre elles, celles prélevées dans les sous-sols de la résidence Varnay, allaient faire progresser notre enquête. Il s’agit de celles identifiées comme appartenant à Ralph Bauman, le député présumé mort, et, ô surprise, Amir Jalil, riche hommes d’affaires du Golfe arabo-persique, propriétaire de la résidence « Alama », son épouse Richa Jalil et le majordome Munir Khan, d’origine pakistanaise.

Oui, notre enquête pourrait progresser mais à condition d’agir vite et par surprise…

J’allai lancer une opération de perquisition de la résidence « Alama », après avoir obtenu le feu vert de la hiérarchie policière puis du juge, pour demain matin, lorsque je reçus un appel d’Oriane Varnay qui me demanda de passer en mode vidéo. Je lui fis rapidement le point de la situation depuis notre dernier contact à Carnedale. Comme je voyais son visage d’ange en gros plan, elle ne parut pas étonnée par ce que je croyais être des informations exclusives. Elle disposait certainement d’autres canaux d’information et pouvait se faire une idée plus complète de la situation que moi. En arrivant à mon projet de perquisition de la résidence « Alama », elle m’arrêta net :

- Hors de question Inspecteur ! Vous mettriez votre vie en péril ainsi que toute l’opération ! Les occupants des lieux seront avertis bien avant votre arrivée !

Oriane me conseilla de reporter l’opération de 24 heures au maximum. Elle m’annonça des changements importants dans l’organisation de notre travail sans préciser lesquels et me demanda de suivre les informations de demain en milieu de journée. 

A la place du visage diaboliquement angélique d’Oriane, je vis comme un gros plan sur une fleur que je n’arrivais pas à identifier. Une fleur exotique, Sans doute. La voix rieuse d’Oriane me donna la réponse: 

- Un gros plan sur ma chatte. C’est cadeau pour vous, inspecteur de mon cœur.

Suivit un grand éclat de rire.

 

ARTICLE 3 : CONSPIRATION

 

Le lendemain, l’information que m’avait annoncé Oriane tomba effectivement en milieu de journée, vers 13 heures. Ce fut la chaîne de télévision IBC, l’une des plus suivie du pays, qui eut la primeur de l’information ayant pour titre « le président des Etats-Unis décide la création ,auprès du ministre de la justice d’un pool d’enquêteurs, sur les connexions entre les trafics de drogue et d’armements, les crimes et délits financiers et le terrorisme international, dirigé par le procureur fédéral Carl Richardson ». 

L’annonce est suivie d’une courte interview du procureur fédéral C. Richardson par un journaliste de la chaîne. La question et la réponse qui me donnèrent le plus à réfléchir étaient les suivantes :

« - Trouvez-vous vraiment indispensable la création du pool d’enquêteurs alors que le FBI, la CIA, la NSA, la DEA, etc., sont théoriquement capables de faire le boulot ?

- La mission confiée au pool d’enquêteurs est nouvelle : il s’agit d’établir les preuves sur des liens d’intérêt et de complicité entre des organisations criminelles qui, a priori, n’ont pas beaucoup de choses à voir entre elles. Ces liens, s’ils se renforcent et se systématisent, mettraient en péril comme jamais auparavant la paix et la sécurité aux Etats-Unis et dans le monde entier »Oriane m’appela quelques minutes à peine après les déclarations du nouveau procureur fédéral, Carl Richardson.

-Inspecteur Ted Gibson ? J’arrive dans trois heures. Rendez-vous à la résidence Varnay. De ton côté, prépares une équipe de trois policiers, jeunes dans le métier. Vous serez tous les quatre détachés au pool d’enquêteurs. Pas ta collaboratrice Laura Burns ; elle reste là où elle est ; elle sera ton interface avec la police d’Etat.

Après le feu vert du lieutenant Tim Blidant, j’allai voir le chef de la police de la ville, Bob Barton. Après une brève introduction et beaucoup d’insistance quant à l’urgence de ma demande, Bob Barton consentit à mettre à notre disposition trois jeunes policiers - plus exactement deux policiers et une policière- non sans avoir auparavant appelé discrètement le chef de la police d’Etat. 

Après quelques minutes d’entretien avec les trois policiers afin de les mettre au parfum au sujet de la mission dont nous étions chargés, nous allâmes directement à la résidence Varnay, habillés en tenues civiles, à bord de deux voitures banalisées. En plus de nos armes habituelles, nous emportions avec nous un petit arsenal : deux pistolets mitrailleurs, un fusil à lunettes, des lots de grenades offensives et de grenades lacrymogènes, de l'explosif et des détonateurs, des boîtes de munitions et deux lampes torches.

En attendant qu’Oriane arrivât, je procédai à une reconnaissance des lieux, en particulier les endroits enfouis sous terre. Accompagné de Tom Field, un cow-boy du Wyoming, nous descendîmes dans les sous-sols par les escaliers au lieu de l’ascenseur. Arrivés au troisième et derniers sous sol où se trouvait une chaudière éteinte, nous nous trouvâmes dans un espace apparemment fermé. Cependant, un rideau métallique à peine visible, tellement il se confondait avec la grisaille des murs, attira mon attention. J’appuyai sur le bouton de commande électrique. Le rideau s’ouvrit sur l’obscurité. Tom alluma la torche et nous avançâmes prudemment avec moi devant. Au bout d’une trentaine de mètres en ligne droite, notre progression dans la galerie – car il s’agissait d’une galerie souterraine - fut stoppé par une rideau métallique. 

- Voilà qui est parfait ! Demi tour, Tom !

Oriane arriva vers 17 heures à la résidence Varnay. Elle était habillée d’un complet jean (pantalon, chemise et veston). Comme à son habitude, elle embellissait tout ce qu’elle portait avec ses rondeurs et son élégance de déesse grecque. Je sentais mon cœur gonfler et chanter rien qu’à la voir. Elle avait aussi un sac de sport accroché à l’épaule – sans doute pour cacher son artillerie. Deux grands gaillards sportifs l’accompagnaient. Ils étaient habillés de la même façon qu’elle, comme s’il s’agissait d’un uniforme. Les deux armoires à glace avaient plutôt l’air de militaires à cause de la gêne et du plaisir mêlés qu’ils laissaient transparaître à porter des habits civils.

Demandé hier matin en urgence, nous reçûmes le mandat de perquisition du procureur à la résidence « Alama » juste après l’arrivée d’Oriane. La vue du document la mit en colère et, faute de pouvoir le déchirer, elle le froissa.

-Toute la ville est certainement au courant de la perquisition et le gibier a eu tout le temps pour effacer ses traces et disparaître ! Mais la découverte de l’inspecteur va nous permettre de mettre au pied du mur tous ceux qui veulent nous empêcher de mener notre enquête jusqu’au bout !

Pour entrer dans la résidence « Alama », nous nous divisâmes en deux groupes. Le premier, dirigé par Oriane et composé des deux militaires et de Tom Field, le cow-boy du Wyoming, passa par la galerie souterraine que j’avais découverte et entra dans la résidence « Alama » en faisant sauter le deuxième rideau métallique à l’aide d’une petite charge d’explosif. Le second, dirigé par moi, et composé de mes deux autres collègues policiers, Mat Sheridan et Liz Duncan, prit l’entrée principale. Nous y trouvâmes les trois gardiens armés de la résidence qui nous reçurent alignés devant le portail d’entrée, presque au garde-à-vous. Des personnes que nous recherchions - Amir et Richa Jalil, et Nur Khan, le majordome- nous ne trouvâmes nulle trace. 

Nous passâmes toute la soirée à fouiller la résidence, ses dépendances, ses sous-sols et souterrains. En vain, c’était comme si l’endroit n’avait jamais été habité. Mais de notre point de vue d’enquêteurs, l’existence d’un souterrain entre les deux résidences « Varnay » et « Alama » étaient la preuve de l’existence d’une association illégale entre les deux propriétaires, Ralph Bauman et Amir Jalil ; la deuxième étant la disparition soudaine de ce dernier, de sa femme et de son majordome.

Il me fallait une explication , renvoyant les enquêteurs chez eux après les avoir remercier pour cette folle journée de boulot...

Je me mettais en quête d'Oriane....Où était elle encore passée me dis-je agacé par ses continuelles disparitions!

Les grilles des sous-sols étant verrouillées ,il me fallut remonter les escaliers de la résidence Alama.

Arpentant les couloirs a la recherche de la sortie, mon attention vu attirée tout d'abord par un son, très vague et lointain.

Plus je suivais ce bruit plus je m'éloignais de la sortie...

M'enfonçant toujours plus profondément dans la demeure , les sons commençaient a devenir plus audibles , a mesure que j'en rapprochais .

Il me semblait capter une conversation....toujours avec mon flair  d'inspecteur je tendis l'oreille..Arme chargée prête a servir, réflexe professionnel.

Mon sang se glaça dans mes veines quand je compris a qui appartenaient ces voix...

J'étais l'invité fortuit d'une réunion ultra privée .Ils étaient tous là Ralph Bauman ,Oriane,  Amir Jalil.... je n'en croyais pas mes oreilles!

La grande salle qui donnait sur une grande terrasse prolongée par une piscine était éclairée d’une lumière tamisée. Les trois personnes assises autour d’une table demi-circulaire se tenaient aussi éloignées l’une de l’autre que possible et ne prenaient aucune consommation. C’était comme si elles se trouvaient là à contrecœur. Oriane parlait fort mais son débit rapide et la résurgence, sans doute sous le coup de l’émotion, d’un accent que je ne lui connaissais pas qui me rappelais celui des « cajuns » ou français de Louisiane, m’empêchèrent de comprendre ce qu’elle disait à Amir Jalil. Ce dernier, qui parlait plus lentement car moins habitué à parler anglais, me permit de comprendre, malgré son accent arabe des émirats du Golfe, le sujet de la conversation en saisissant des bribes de ses propos :

- … Je suis envoyé par des gens puissants…

- Reprenez votre mari et récupérez les quatre valises de cocaïnes contre l’arrêt de votre enquête…

- C’est votre et notre dernière chance de rester en vie…

Ralph Bauman était le seul à n’avoir dit aucun mot ni d’ailleurs esquissé un seul geste. Etait-il malade ou bien embêté par le fait qu’il représentait plus un poids qu’un atout dans la confrontation d’Oriane avec l’envoyé de ses geôliers ? Comme si elle devinait ses pensées, Oriane se rapprocha de lui, s’assit sur sa cuisse, l’entoura d’un bras et lui caressa tendrement les cheveux de l’autre main.

Soudain une lueur verte et mobile apparut dans le ciel sans étoile. Venue du côté du jardin, elle prit de la hauteur, bifurqua et fonça dans notre direction. Je reconnus les yeux écarquillés un drone. Je criai à Oriane et aux autres :

- Un drone, un drone. Abritez-vous vite ! Viiite, Oriane, viiite ! 

Presque instantanément, Oriane courut droit vers la piscine située à une dizaine de mètres et plongea. Ralph Bauman et Amir Jalil eurent à peine le temps de se lever de leur chaise et de faire quelques pas. Quant à moi, je me jetai à plat ventre derrière une rangée de romarins proche de la maison.

Une explosion fit trembler le sol et tinter mes oreilles.

Le choc me fit perdre connaissance pendant de longues minutes.

Oriane me secouait afin de me faire revenir a moi ,je la fixais longuement sans comprendre un seul mot de ce qu'elle tentait de me dire.

Je la sentais profondément inquiète , de l'eau ruisselait de ses cheveux sur ses épaules dénudées ,ses yeux m'inspirait de la crainte  ,mais je ne parvenais pas a reprendre mes esprits , je n'entendais rien ...pas un son ne filtrait.

Je n'eu pas le temps de réagir quand je fus empoigné sous les bras par des forces qui me semblaient surhumaines, je perdis a nouveau connaissance...

Lorsqu'enfin je réussi a ouvrir les yeux , je reconnu le cuir rouge de la banquette du bureau d'Oriane .

Je la cherchais du regard ,personne, j'étais totalement seul ...

En essayant de me lever je fus terrassé par une douleur dans le crâne,  je tenais ma tête entre mes mains quand je cru reconnaitre le grincement de la lourde porte en bois que j'avais déjà eu l'occasion d'ouvrir auparavant ...

"Mr Gibson bonjour"

Je redressais la tête pour voir devant moi....Ralph Baumann...je lui tendais péniblement la main qu'il empoigna avec vigueur .

"Bonjour Mr Bauman"

S'ensuivit ensuite une succession de mains tendues.. Munir Khan,Amir et Richa Jalil même Askar Bander était là....

Par contre la présence de Mara dans la pièce me déstabilisa totalement...

"Mara?? toi ici mais...." elle s'approcha de moi me tendit la main, effectua un salut militaire...

puis se présenta...

"Mr Gibson bonjour,permettez moi de me présenter  agent Jessica Parker cellule anti terroriste ...

 



04/03/2017
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 26 autres membres